Dès le vendredi, Marie-Annik et Loïc BOURCIER et leur
équipe étaient à pied d’œuvre pour mettre la dernière main aux
préparatifs de cette troisième FAR 2008. Et ce, sous le soleil, alors
que des concurrents commençaient à arriver, avec tous ou presque la même
interrogation : fera-t-il beau ce week-end ? Il est vrai que tous
avaient en mémoire, pour l’avoir vécu ou pour l’avoir vu sur les photos
ou vidéos du site agilitymasters.com, les désastreuses conditions météo
du dimanche en 2007, la tempête qui a obligé l’organisation à annuler
l’épreuve du 3ème degré, la pluie violente et incessante qui
transformait tout le monde sans exception, humains ou chiens, en statues
de boue !
Mais pour l’instant, il fait beau….. La remise des
dossards commence, accompagnée de l’ouverture des ordres de passage…..
Et c’est là que ça coince un peu ! Comme toujours, le « pitbull de
service » reste rigide : tant que la première série n’est pas complète,
on n’ouvre pas les suivantes ! Alors, ça grince un peu des dents,
personne ne veut de cette fameuse première série, tout le monde veut
être dans la dernière…. Il paraît que dans la dernière, il n’y a que des
champions….. On le dit, mais un concurrent à qui le susdit pitbull avait
un peu forcé la main en catégorie A était malgré tout sur la troisième
marche du podium le dimanche, et il a eu la gentillesse de venir
remercier avec un grand sourire ! Mais ce « problème » risque de trouver
sa solution très vite : avec un ordre de passage imposé, fini les
grognements… Mais fini aussi de pouvoir arriver à 10 heures….. Ah ! AU
fait ! J’ai l’air de taper sur le pitbull de service….. Mais je peux me
le permettre : c’est moi, l’individu rigide en question, et je m’étais
inscrite dans la première série (bon, d’accord, je ne suis pas
sélectionnée, mais c’est une autre histoire !!!).
Allez, redevenons plus légers ! Et accueillons les
juges qui arrivent. Michel VANNIER et Maurice GAYRAUD, qui officieront
le samedi pour les épreuves d’agility (catégories A-B-D pour le premier,
catégorie C pour le second) mettent leurs parcours en place, sans les
numéros bien sûr pour éviter les reconnaissances « sauvages ». Tout
comme Roger DUPONT et Michel DURIEUX poseront les leurs le samedi soir,
pour être prêts à démarrer aux premières heures. Nos quatre juges de la
FAR ont dessiné des parcours techniques, fluides, agréables aux dires de
tous (certains concurrents qui n’ont pu venir regretteront même de
n’avoir pas couru, tant ces tracés leur paraissaient séduisants !). Cela
n’excluait pas la nécessité d’une conduite parfaite, d’une obéissance
tout aussi parfaite du chien, et de trajectoires rigoureuses : nos
quatre compères avaient bien dessiné des parcours dignes de cette finale
pour laquelle il est le plus difficile d’obtenir sa sélection !
Une mention spéciale pour nos juges : ils ont eu la
très bonne idée de se concerter avant les épreuves, de manière à avoir
la même interprétation du règlement quant aux nouveautés 2008. C’est une
excellente initiative, appréciée de tous, et qui a le mérite d’éviter
qu’un concurrent ne soit pénalisé un jour alors que la veille ou le
lendemain tel ou tel ne l’a pas été pour le même motif. Cela confère une
harmonie des jugements qui permet de ne pas accroître le stress ! Et,
bien sûr, tant pour le confort du juge que pour celui du concurrent, des
« zonards » surveillaient la descente de passerelle, de manière à éviter
le plus possible les erreurs.
Samedi matin, tout est en place : les chronomètres
électroniques sont installés et dûment vérifiés comme toujours,
Christine et Gérard LABROCHERIE, Nathalie et Bruno MARTIAL y ont veillé.
Bruno TOURNABIEN, aidé de Julie POIRIER et Fabien FLEURY, sont en place
avec leur matériel pour assurer la retransmission des parcours des
catégories A-B-D (la catégorie C le lendemain, il n’y a que lors des
Masters à La Garette que deux caméras couvrent les deux terrains), et il
fait beau ! Patrick DECORTE, responsable des grands événements Royal
Canin, peut donc déclarer ouverte cette troisième FAR 2008, et les
reconnaissances des premières séries peuvent commencer.
Il fait beau….. Oui, à cette heure-là…. En fait, ça
va très vite se gâter, et la pluie arrive ! Le ciel est gris, bas,
triste, et ce sera ainsi toute la journée. Parapluies et bottes sont les
accessoires les plus prisés de ce samedi, ce qui n’empêche pas la
convivialité autour des terrains, mais aussi bien sûr autour de la
buvette, installée sous un grand chapiteau, encore le bienvenu cette
année, d’autant qu’il est encore plus vaste ! Rapidement, les allées et
les abords des terrains, piétinés par de multiples allées et venues, se
transforment en champs de boue, et les campons sont plus que nécessaires
pour les concurrents ! Chacun scrute le ciel, certains annoncent que le
soleil doit revenir le dimanche : acceptons-en l’augure !
Entre temps, la pluie a enfin cessé, même si le temps
n’est guère souriant. Les résultats sont affichés, les ordres de passage
pour le lendemain aussi. Chacun peut donc aller se préparer pour la
soirée qui se déroulera sous le chapiteau, soirée couscous cette année.
Soirée très animée, très festive, à laquelle encore plus de convives ont
souhaité participer.
Avant les réjouissances, une petite promenade avec
les chiens, histoire de leur dégourdir un peu les pattes en profitant du
temps relativement clément. Un petit tour du côté des camping-cars, pour
aller voir un peu les amis. Mais là, de nouvelles raisons de râler…..
D’abord, en traversant l’aire réservée au stationnement des voitures, un
malotru a eu la merveilleuse idée de laisser tous ses détritus en vrac :
sacs plastiques, canettes diverses, reliefs de repas….. Quelle bonne
idée, c’est si décoratif….. Il a d’ailleurs fait des émules, un
camping-car fera la même chose le dimanche en repartant (c’est vrai, ce
n’est pas drôle de devoir emporter des ordures, alors que c’est si
simple de souiller un site….). Quant à l’aire des camping-cars, d’autres
surprises m’attendent : beaucoup de chiens sont laissés en liberté, ce
qui fait que les déjections ne sont pas ramassées, malgré les poches
mises à disposition tout autour des terrains… Regrettable, d’autant que
ça devient de plus en plus fréquent, tant sur les FAR que lors des
concours « du dimanche » : un jour ou l’autre reviendront les
éliminations des concurrents qui ne ramassent pas….. Retour par la
grande pelouse entre les parkings et le chapiteau, et nouvelles
découvertes : là deux bouteilles de bière au pied d’un arbre, là un
paquet de cigarettes vide jeté… Décidément, j’aurais mieux fait de ne
pas bouger, je peste après tous ces gens qui ne respectent pas
l’environnement que la municipalité met à la disposition de
l’organisation…. Oui, je sais, j’ai un sale caractère !!!!! Mais ce
n’est pas fini……
Quitte à râler, autant vider son sac en une fois ! En
sortant les résultats le dimanche soir, en les comparant à la liste des
concurrents du samedi, le secrétariat découvre que trois concurrents ne
sont pas présentés. En ce qui concerne celui de la catégorie A, il
s’avère que la personne a juste prévenu le commissaire à l’entrée, mais
ne s’est pas présenté sur le terrain, un concurrent avec deux chiens,
l’un a fait l’épreuve et pas l’autre. Affaire réglée et classée. En
revanche, les deux autres concurrents, tous les deux en catégorie C,
étaient bel et bien absents, leurs licences ont été retenues et
retournées à leurs C.T.R. respectifs qui jugera de la suite à donner :
il s’agit de Sonia FAVREAU et Velvet, de La Chapelle Rousselin, et
d’Anthony GUILLEMOT et Zébulon, de Vannes. Une absence peut toujours se
produire, une urgence peut toujours survenir qui justifie un départ
précipité : mais la moindre des corrections est d’avertir les
organisateurs avant de partir, ou à la rigueur de téléphoner le
lendemain ou le surlendemain. Toujours est-il que ces deux concurrents
n’ont toujours pas donné signe de vie….. Et ce doit être simplement une
coïncidence que les résultats du samedi de ces deux concurrents aient
été respectivement une élimination et trois fautes, ce qui ne laissait
aucun doute quant à une éventuelle sélection….. Bravo pour cet esprit
particulièrement anti-sportif, qui pénalise de surcroît tous les autres
concurrents, puisque le nombre de sélectionnés est calculé par rapport
au nombre de concurrents présents sur les deux épreuves.
Quelques moments de joie, pour changer…. Notamment
ceux offerts par Bruno MENONCELLO, du club de Cognac. Beaucoup d’agilitistes
le connaissent, de plus en plus l’admirent : en effet, à la suite d’un
très grave accident, Bruno a perdu la vue. Son tempérament combatif fait
qu’il n’a pas voulu renoncer à l’agility, discipline dans laquelle il
obtenait de très bons résultats avec sa Tervueren
Sun (Bruno évoluait en 3ème degré). Grâce à sa volonté
mais aussi à l’aide de son club, et de son coach Jean-François
PUYMIRAUD, Bruno a pu recommencer, assisté par Angélique POBELLE d’abord
puis maintenant par Cyrille POBELLE, qui est son regard, alors que c’est
bien Bruno qui conduit son chien. Chaque passage de Bruno suscite une
admiration bien méritée, et Bruno a maintenant le plaisir d’être à
nouveau licencié comme tout un chacun, donc de participer aux concours
et sélectifs. Il représentera d’ailleurs
la France
lors d’un Championnat du Monde catégorie Handicapés. Il sera le premier
non voyant à disputer ce Championnat.
Concurrent aux Sorinières, Bruno et Sun terminent à la 96ème
place sur près de 300 équipes en catégorie C, un très beau résultat. Le
Comité d’organisation des Masters a décidé de les sélectionner d’office,
ils seront donc présents à La Garette les 2 et 3 août prochains, pour le plus
grand plaisir de tous.
Mais revenons à notre FAR ! Eh oui, il fait beau le
dimanche ! Roger DUPONT avait raison, qui conseillait la crème solaire !
Les terrains sèchent un peu, la boue est moins présente, les spectateurs
extérieurs sont là, bref tout va bien ! Les épreuves Seniors sont
finies, de même que celles des Jeunes Conducteurs (toujours aussi peu de
monde pour les regarder, ce qui reste pour moi un grand regret, parce
que beaucoup de ces enfants ou adolescents sont formidables dans leur
conduite et dans leur esprit, et méritent d’être regardés……). Serge
RAFIN a installé son parcours pour l’épreuve 3ème degré,
ouverte à tous les concurrents (ou du moins aux 100 premiers inscrits).
Il y a foule autour du terrain, pour admirer ces prestations, et il n’y
a plus que quelques concurrents à passer. Le ciel s’est obscurci depuis
un certain temps, et l’orage arrive tout d’un coup….. Eclairs, tonnerre,
grêle, tout y est ! C’est la débandade, tout le monde se rue sous le
chapiteau pour s’abriter, seuls les concurrents et le juge restent sous
le déluge. L’orage puis la pluie se poursuivent (et se poursuivront tard
dans la soirée), empêchant notamment la retransmission sur Internet de
la remise des prix.
Remise des prix qui se fera, comme à Cestas, à
l’intérieur. Tout le monde est certes un peu à l’étroit, mais heureux
d’être au moins au sec ! En attendant que le micro soit branché,
difficile de se faire entendre, et pourtant une annonce importante est
faite par Marie-Annik BOURCIER : un petit garçon a disparu, un petit
garçon de huit ans environ, William, le fils d’une couple de bénévoles
du club des Sorinières. Le silence se fait, deux personnes proposent
leurs services (elles pratiquent la recherche utilitaire), on sent
l’inquiétude de tous…. Et puis, dans les derniers rangs, un dame se
lève, et annonce qu’elle a à côté d’elle un petit William : est-ce celui
qui est recherché ? Eh bien oui !!! William est applaudi, l’histoire se
termine bien, les parents sont trempés à force d’avoir cherché leur fils
sous la pluie, mais heureux ! Il est simplement venu se réfugier pendant
l’orage…. !!!!!!! Gageons que, maintenant, il prendra la peine d’aller
voir ses parents après une absence !
Le calme revenu, le micro opérationnel, Patrick
DECORTE et Christine LABROCHERIE peuvent annoncer les résultats, en
présence de nombreuses personnalités locales et d’un journaliste. Dans
les sélectionnés, on retrouve, à côté des incontournables Borders
Collies, Bergers Belges, Shetlands et autres, des races moins fréquentes
dans notre discipline : un Bichon Frisé, un Terrier du Tibet, un Husky,
un grand Caniche, un Bearded Collie, un chien de Saint Michel, un
Epagneul Bleu de Picardie, trois Cockers Anglais. Et je voudrais citer
en particulier un Cocker Américain, rare en agility, conduit par
Jeannine HOUGUENADE, qui pratique l’agility depuis près de 20 ans, qui a
participé à de nombreuses FAR, et qui est enfin sélectionnée pour les
Masters Royal Canin, du haut de ses presque 78 ans ! Une finale dont
elle rêvait depuis des années, à laquelle pour laquelle elle n’aurait
jamais pensé se sélectionner : tout arrive, il suffit de persévérer ! Là
encore, que d’émotion……
Le calme revient, la fête est finie, la pluie n’a
finalement pas réussi à la gâcher. Chacun reprend la route, heureux ou
déçu, prêt à en découdre à La Garette ou lors des FAR de Chaumont ou de
Malo les Bains. Mais une chose est sûre : les Masters France d’Agility
Royal Canin sont attendus avec impatience par tous les agilitistes,
certains qu’une autre page de l’agility s’écrira les 2 et 3 août
prochains dans le Marais Poitevin !